Dans le cadre d'une enquête plus large sur les mouvements qui se développent actuellement en Europe et sur les dynamiques au-delà des frontières nationales, nous publions cet entretien avec un camarade de Bologne, membre de la rédaction de Acta Media. Il s’agit de comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Italie, comment les camarades analysent cette séquence et interviennent dans le mouvement, mais aussi d’interroger les résonances avec les mobilisations en cours en France. L’enjeu est de nourrir une réflexion qui ne s’en tienne pas aux cadres nationaux, mais prenne au sérieux la dimension transnationale des mobilisations en cours.
Des super-héros sur des barricades, un courage immense face à la police, des milliers de TikTok qui appellent au retour des Gilets jaunes, une politisation accrue – fruit d’une condensation des luttes récentes et de l’injustice quotidienne – et quelques battles d’aura : le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement lycéen nous aura pris de court. Alors que le lancement de la campagne présidentielle semblait présager une apathie généralisée dans la rue jusqu’au printemps prochain, et que les dernières grandes mobilisations paraissaient déjà loin derrière nous, la révolte a surgi là où on ne l’attendait pas : dans les lycées des quartiers populaires. Un mois plus tard, et après le 17 octobre qui ouvre le premier acte d’une nouvelle séquence pour le mouvement, cet article entend revenir sur l’un de ses foyers principaux : l’école, et ce qu’elle fait subir à la jeunesse, en particulier à celle des quartiers populaires et des lycées professionnels (mais pas seulement). Au delà du manque de moyens, c’est ici l’institution scolaire elle-même, vendue comme lieu d’émancipation mais conçue comme machine à produire, discipliner et trier les exploités de demain, qui est en cause, et la « jeunesse » comme sujet politique, qui est en jeu.
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Nous publions des entretiens, des enquêtes et des textes d’intervention politique dans lesquels nous assumons une orientation partisane, ancrée dans le conflit social et les rapports de force, avec la volonté de produire des outils d’analyse utiles aux pratiques de lutte et aux formes d’organisation autonomes.